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Mis à jour le 23 juin 2026
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publiée le 23 juin 2026
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Cancer du col de l’utérus : l’éviter c’est possible

D’une infection au papillomavirus humain au cancer de l’utérus, il peut se passer dix ans. Ce laps de temps permet de dépister une éventuelle contamination ou de traiter des lésions précancéreuses

Cancer du col de l’utérus : l’éviter c’est possible

Pour comprendre et prévenir le cancer du col de l’utérus, il faut d’abord corriger une idée reçue : on ne dépiste pas un cancer du col, on dépiste une infection et des lésions qu’on peut traiter avant qu’elles ne deviennent un cancer. Cette distinction change tout car les lésions se soignent très bien.

De l’infection au cancer : un développement très lent

Le cancer du col de l’utérus ne surgit pas d’un coup. Il démarre par une infection au papillomavirus humain (HPV), un virus très courant qui se transmet par contact sexuel. La plupart des femmes ayant une vie intime le rencontreront à un moment, sans aucune conséquence, puisque l’organisme élimine le virus naturellement dans presque 95 % des cas.

Mais chez certaines, l’infection va persister et, non détectée ni surveillée, commencera à transformer le col de l’utérus. A ce moment-là, des lésions précancéreuses peuvent apparaître, puis potentiellement évoluer vers un cancer. Ce processus est lent, environ dix ans après avoir contracté l’infection, ce qui laisse le temps de détecter d’éventuelles lésions et de les traiter.

Comment se faire dépister ?

L’exposition au virus commence dès le début de la vie sexuelle, d’où l’importance du dépistage à partir de 25 ans. La démarche est simple, le gynécologue ou la sage-femme réalise un frottis, qui consiste à prélever des cellules au niveau du col de l’utérus avec un petit bâtonnet.

Ces cellules sont analysées pour rechercher s’il y a présence de papillomavirus humains (HPV), ce qui peut être signe d’une infection, ou si l’on détecte des anomalies cellulaires qui peuvent indiquer des lésions précancéreuses.

Il existe des kits d’auto-dépistage pour les femmes qui hésiteraient à consulter une sage-femme ou un gynécologue. Pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie, ils sont à récupérer dans un laboratoire d’analyses médicales, sur ordonnance (médecin traitant, gynécologue, sage-femme).

Le test est efficace à 95 %, ce qui veut dire qu’il détecte la très grande majorité des anomalies avant qu’elles ne deviennent dangereuses.

Se faire soigner : les grandes étapes

Lorsqu’une anomalie est relevée au dépistage, un examen complémentaire, la colposcopie, est proposé à la patiente. Réalisé par un gynécologue, c’est un examen rapide, sans anesthésie, durant lequel le médecin observe en détail les zones suspectes. Si des anomalies sont repérées, il prélèvera dans le même temps un petit échantillon de tissu afin de le faire analyser par biopsie.

A ce stade, surtout pas de panique : cela ne signifie pas qu’il y a un cancer, simplement que l’on a trouvé quelque chose à surveiller ou à traiter.

« C’est important de ne pas avoir peur du dépistage car il s’agit de détecter une infection au HPV et d’éventuelles lésions précancéreuses qui se soignent très bien, pas un cancer. Si les femmes se faisaient toutes dépister, ce cancer pourrait ne plus exister. »

Dr Virginie Gondouin, Gynécologue au CH Le Mans

Traitement des lésions précancéreuses

Si des lésions précancéreuses sont confirmées, le médecin propose à la patiente une consultation afin de lui expliquer les traitements envisagés pour la suite.

Dans la grosse majorité des cas, le gynécologue préconise de retirer la partie abîmée du col par conisation ou par laser gynécologique, ce qui empêchera la progression des lésions susceptibles d’évoluer vers un cancer.

Le terme conisation est utilisé car la partie du col de l’utérus retirée a la forme d’un cône. Le retrait des fragments endommagés est un acte chirurgical d’environ 15 minutes, très précis et peu invasif. Une surveillance sera mise en place à la suite de l’intervention.

Traitement du cancer

Dans le cas où les lésions précancéreuses ont lentement évolué vers un cancer, le traitement proposé dépendra de son stade de développement et de sa position. S’il est resté au niveau du col ou s’il a migré vers d’autres organes. Chirurgie, radiothérapie ou chimiothérapie, la prise en charge sera adaptée à chaque situation, en concertation avec la patiente.

Les traitements répondent généralement bien puisque les deux tiers des cancers du col de l’utérus se guérissent.

Après quoi, une surveillance renforcée sera proposée aux patientes afin d’éviter les potentielles récidives.

La vaccination, bouclier essentiel

La vaccination contre l’HPV est la première ligne de défense. Elle est recommandée pour les filles et les garçons de 11 à 14 ans, avec possibilité de rattrapage jusqu’à 19 ans. Des études récentes montrent qu’elle réduit de 80 % l’incidence du cancer du col de l’utérus lorsqu’elle est administrée avant 16 ans.

Le vaccin protège contre les souches virales responsables de 90 % des cancers du col. Il est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie dans les écoles et les centres de vaccination.

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