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Chirurgie orthopédique : être acteur de sa récupération post-opératoire avec la RAAC
La récupération améliorée après chirurgie (RAAC) est un programme de soins coordonnés, favorisant un retour rapide à l’autonomie et visant à réduire les complications.
Aujourd’hui, l’utilisation du protocole de récupération améliorée après chirurgie (RAAC) transforme la prise en charge classique lors de l’hospitalisation, en prise en charge globale et pro-active du patient, tout en maintenant un haut niveau de sécurité.
C’est la préparation et le suivi qui permettent de récupérer plus vite ses moyens. Grâce à la RAAC, la durée d’hospitalisation est souvent réduite, parfois de 1 à 3 jours selon l’intervention et l’état de santé du patient. En chirurgie orthopédique, la RAAC est notamment proposée pour les prothèses de hanche, les prothèses de genou ou certaines chirurgies de l’épaule.
La philosophie RAAC : valoriser le rôle actif du patient dans sa récupération
La RAAC repose sur un principe simple : mieux préparer, mieux accompagner, pour mieux récupérer.
L’objectif est de limiter le stress du patient induit par l’opération afin de favoriser une récupération plus rapide. La RAAC encourage une mobilisation précoce, souvent dès le jour même de l’intervention.
Cette approche s’appuie sur trois piliers fondamentaux :
- Des techniques chirurgicales peu invasives : les incisions sont réduites et les muscles préservés autant que possible. Résultat : moins de traumatismes tissulaires, moins de douleur et une cicatrisation optimisée.
- Une anesthésie moderne et ciblée : l’anesthésie locorégionale ou les techniques combinées permettent un meilleur contrôle de la douleur, tout en limitant les effets secondaires.
- Une organisation coordonnée : chirurgien, anesthésiste, infirmiers et kinésithérapeutes travaillent en collaboration étroite pour fluidifier le parcours du patient.
« La RAAC n’est pas qu’un protocole technique, c’est un véritable changement de culture : nous passons d'une chirurgie où le patient subit les soins à une chirurgie où il devient l'acteur principal de sa propre guérison. »
Dr Redouane Bouhalila, chirurgien orthopédique.
Le patient, pilote de son parcours : les étapes clés
Avec la RAAC, le processus de récupération commence avant l’opération. Le patient n’est plus seulement bénéficiaire des soins : il en devient un acteur engagé.
La consultation avec le chirurgien orthopédiste
Le diagnostic est posé, l’intervention programmée et l’éligibilité au parcours RAAC évaluée. Le chirurgien explique au patient les bénéfices attendus et l’engagement nécessaire.
La consultation RAAC
Le patient rencontre l’infirmière coordinatrice RAAC. Ce rendez-vous sert à mieux comprendre l’opération et tout ce qui l’entoure. Il permet d’organiser le séjour à l’avance, de répondre aux questions et de préparer sereinement le retour à la maison. Ce temps d’échange est essentiel pour rassurer et sécuriser le parcours.
L’entretien de préparation avec le kinésithérapeute
Lors de cette même venue, le patient bénéficie d’un temps dédié avec le kinésithérapeute, durant lequel il apprend :
- Les exercices à réaliser avant l’intervention pour renforcer son corps
- Les mouvements et positions sécurisées à adopter après l’opération
- Les gestes essentiels pour retrouver son autonomie rapidement.
Cette préparation physique et pédagogique facilite la phase post-opératoire en améliorant les capacités fonctionnelles du patient.
Un suivi constant
Un accompagnement téléphonique est assuré par l’infirmière RAAC, avant et après l’intervention. Ce lien régulier contribue à rassurer le patient et à détecter d’éventuelles difficultés.
Le jour J : se réalimenter et bouger tôt pour mieux récupérer, éléments clés de la RAAC
Le patient arrive dans le service debout, habillé, et se change au dernier moment. L’idée est de rester actif et autonome le plus longtemps possible.
Le transfert au bloc : se diriger vers l’intervention à pied
C’est le moment fort de la démarche. Au lieu d’être allongé sur un brancard, poussé par un brancardier, le patient marche jusqu’à la salle d’opération, accompagné par un soignant. Ce qui permet de :
- Réduire le stress : marcher diminue l’anxiété naturelle.
- Rester à la même hauteur que l’équipe médico-soignante; cela renforce le sentiment de contrôle.
- Maintenir une activité physique jusqu’au dernier moment; ce qui aide le corps à mieux réagir à l’anesthésie.
Le retour en chambre : la reprise immédiate
Quelques heures après son retour en chambre, l’équipe soignante invite le patient à prendre une collation. Il ne s’agit pas juste d’un « goûter » de confort ; dans le cadre de la RAAC, c’est un véritable soin médical.
Se réalimenter rapidement après l’intervention permet de relancer la machine digestive et retrouver de l’énergie pour bouger.
Parallèlement débute la mobilisation, accompagnée par l’infirmière et le kinésithérapeute afin de :
- Drainer les tissus opérés
- Réduire l’inflammation
- Stimuler la circulation sanguine
- Diminuer le risque de phlébite
Bouger devient ainsi une part entière du traitement.
Moins de risques, moins de douleur : des bénéfices concrets
Une gestion optimisée de la douleur
La RAAC repose sur une stratégie médicamenteuse dite « multimodale » : plusieurs antalgiques sont administrés à faibles doses, ciblant différents mécanismes de la douleur. En intervenant en amont, on limite le recours à la morphine et ses effets secondaires.
Une sortie sécurisée
Le retour à domicile n’est autorisé que lorsque des critères stricts sont remplis :
- Douleur contrôlée
- Marche autonome ou sécurisée
- Bonne compréhension des consignes
Le chirurgien définit les besoins en soins infirmiers et en séances de kinésithérapie.
À domicile, l’infirmière libérale et le kinésithérapeute de ville prennent le relais, en lien avec l’équipe hospitalière. Dans certains cas, un accompagnement renforcé peut être mis en place par la sécurité sociale (programme d’accompagnement du retour à domicile-PRADO, prestataires de soins).
Une expertise collective tournée vers l’avenir
Le succès de la RAAC repose sur une dynamique d’équipe :
- Le chirurgien réalise l’intervention
- L’anesthésiste sécurise et optimise la gestion de la douleur
- L’infirmière RAAC coordonne et accompagne
- Le kinésithérapeute remet le patient en mouvement
Cette approche collaborative marque une évolution majeure en orthopédie : la récupération de l’intervention n’est plus subie, elle est construite.
Outre la chirurgie orthopédique, la RAAC est également proposée dans d’autres spécialités, comme la chirurgie digestive, et continue de se développer au sein de l’établissement.
« La RAAC représente un véritable changement de paradigme de la vision de l’hospitalisation : c’est une approche de prise en charge globale, pluri-disciplinaire, qui vise à améliorer la récupération des patients, à accélérer leur retour à domicile et à diminuer la durée d’hospitalisation. Nous nous sommes rendus compte que la RAAC augmentait la satisfaction des malades car leur parcours était plus clair, plus fluide et donc plus efficient : le patient devient un véritable acteur de son parcours de soins »
Dr Laurent Pidhorz, chef du service de chirurgie orthopédique