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Mis à jour le 19 janvier 2026
Actualité
publiée le 16 janvier 2026
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Épidémies hivernales : pourquoi rester vigilant face à la grippe

Le froid s’est installé depuis plusieurs semaines, et avec lui, le retour des virus respiratoires. Si les épidémies hivernales (grippe, COVID-19 et autres rhinopharyngites) ont déjà contaminé bon nombre de personnes en ce début d’année 2026, la grippe saisonnière reste une menace majeure, trop souvent sous-estimée. Entre idées reçues et risques réels, nous avons fait le point sur la situation actuelle.

Épidémies hivernales : pourquoi rester vigilant face à la grippe

Le froid s’est installé depuis plusieurs semaines, et avec lui, le retour des virus respiratoires. Si les épidémies hivernales (grippe, COVID-19 et autres rhinopharyngites) ont déjà contaminé bon nombre de personnes en ce début d’année 2026, la grippe saisonnière reste une menace majeure, trop souvent sous-estimée. Entre idées reçues et risques réels, nous avons fait le point sur la situation actuelle.

Grippe ou rhume : apprenons à faire la différence

Il est fréquent d’entendre parler de « petite grippe » ou « d’état grippal » pour désigner un gros rhume. Pourtant, cliniquement, la distinction est nette.

  • L’apparition : la grippe est brutale. Elle vous cloue au lit en quelques heures.
  • Les symptômes : forte fièvre, courbatures, maux de tête et une fatigue intense. Des signes respiratoires (toux, nez qui coule) et parfois digestifs complètent le tableau.
  • La durée : si les symptômes aigus durent environ une semaine, la toux et la fatigue peuvent persister deux à trois semaines.

Les signes d’alerte : consultez en urgence en cas de difficultés respiratoires, douleur thoracique, fièvre mal tolérée (agitation, confusion) ou absence d’amélioration après 7 jours.

Les risques et complications réels

La grippe n’est pas qu’une semaine difficile à passer. C’est une pathologie sérieuse qui peut entraîner des complications graves, soit par le virus lui-même (pneumonie virale, myocardite), soit par une surinfection bactérienne (otite, pneumonie). Chaque année la grippe tue entre 9 000 et 15 000 personnes en France.

Les populations à risque

Au-delà des seniors, plusieurs profils sont particulièrement vulnérables :

  • Les femmes enceintes, quel que soit le trimestre de grossesse.
  • Les personnes souffrant de malades chroniques : asthmatiques, diabétiques, insuffisants cardiaques ou rénaux.
  • Les personnes obèses.
  • Les personnes immunodéprimées (chimiothérapie, etc.) et leur entourage proche.

À l’hôpital, le motif d’hospitalisation le plus fréquent est la décompensation d’une pathologie existante : c’est-à-dire qu’une grippe peut provoquer une crise cardiaque chez un patient cardiaque ou un déséquilibre sévère chez un diabétique. Elle peut également provoquer une surinfection bactérienne pulmonaire (pneumonie secondaire) surtout chez des personnes âgées.

La vaccination : bouclier indispensable

Chaque année, la question revient : « pourquoi se refaire vacciner ? ». La réponse tient en deux points :

  1. La mutation : le virus de la grippe est un virus qui mute constamment. L’Organisation mondiale de la santé adapte donc la composition du vaccin chaque année, en fonction des souches qui ont circulé lors de la saison précédente.
  2. La durée d’immunité : la protection offerte par le vaccin est courte. Même si les souches ne changent pas, un rappel annuel est nécessaire.

Halte aux idées reçues : le vaccin utilisé en France est inactivé. Il ne peut pas vous donner la grippe. Une légère fièvre peut apparaître pendant 24h, mais elle est sans commune mesure avec la maladie réelle. Notez qu’il faut 2 semaines après l’injection pour être protégé.

Le vaccin réduit drastiquement le risque de formes graves et de complications.

Les erreurs à éviter et les bons réflexes

Face aux premiers symptômes, certains réflexes peuvent être contre-productifs, voire dangereux.

  • Pas d’antibiotiques : la grippe est virale. Les antibiotiques sont inutiles, sauf en cas de surinfection bactérienne avérée diagnostiquée par un médecin.
  • Attention aux médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : l’automédication par anti-inflammatoires (type Ibuprofène) est contre-indiquée, car elle peut favoriser des complications graves.
  • L’homéopathie : elle n’a jamais prouvé son efficacité en prévention ou en traitement de la grippe.

Les 4 piliers de la prévention quotidienne

  1. Le port du masque dès les premiers signes.
  2. Le lavage des mains régulier.
  3. L’utilisation de mouchoirs à usage unique.
  4. L’aération : ouvrir les fenêtres 10 minutes par heure réduit drastiquement la concentration virale dans l’air.

Le mot du spécialiste

« La grippe est une infection respiratoire aigüe qui évolue la plupart du temps favorablement chez les personnes jeunes et en bonne santé. Cependant, certaines personnes fragiles peuvent présenter des complications sévères de la grippe. Afin de limiter l’impact de la grippe chez ces personnes, il est important de respecter les gestes barrières qui ont prouvé leur efficacité pendant l’épidémie de COVID. Il faut également améliorer la couverture vaccinale des personnes à risque de grippe grave, ainsi que celle de leur entourage. »

Dr Sophie Blanchi, infectiologue au Centre Hospitalier du Mans.

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