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Mis à jour le 22 juin 2026
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publiée le 22 juin 2026
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Maastricht III : nouveau protocole pour le don d’organes

Le protocole Maastricht III permet le prélèvement d’organes et de tissus chez des patients dont les traitements de maintien en vie ont été arrêtés en raison d’une situation médicale sans issue, après le constat du décès.

Maastricht III : nouveau protocole pour le don d’organes

Le don d’organes et de tissus est un véritable enjeu de santé publique. Chaque année, des milliers de personnes bénéficient d’une greffe qui leur permet de retrouver une meilleure qualité de vie. Pourtant, le nombre d’organes disponibles reste insuffisant face aux besoins, et de nombreux patients sont encore en attente d’une greffe.

Dans ce contexte, notre hôpital franchit une nouvelle étape dans le développement de son activité de prélèvement d’organes et de tissus. L’Agence de la biomédecine vient d’autoriser les prélèvements sur les donneurs de « catégorie Maastricht III ». Cette autorisation nous permet d’élargir les possibilités de don dans un cadre médical, éthique et réglementaire strict, afin d’offrir davantage de chances aux patients en attente d’une greffe.

Ce qui change avec Maastricht III

Jusqu’à présent, à l’hôpital du Mans, les prélèvements d’organes étaient réalisés uniquement après un diagnostic de mort encéphalique. Dans cette situation, le cerveau a cessé définitivement de fonctionner. Le patient est alors décédé, même si son cœur continue temporairement à battre grâce aux techniques de réanimation.

💡 Pour les curieux...

Le terme « Maastricht » fait référence à une classification internationale définissant différentes catégories de donneurs décédés après un arrêt cardiaque. La catégorie III concerne les patients hospitalisés en réanimation pour lesquels une décision de limitation des traitements a été prise.

Le protocole Maastricht 3 concerne des patients hospitalisés en réanimation, atteints d’une pathologie grave, hors de toutes ressources curatives, pour lesquels une décision d’arrêt des thérapeutiques a été prise par l’équipe médicale. Cette mesure a pour seule intention de proscrire l’acharnement thérapeutique et est prise indépendamment de la possibilité d’un don d’organes.

Dans les deux situations, le patient est déclaré décédé avant tout prélèvement d’organes. Les exigences médicales, légales et éthiques restent identiques.

Une avancée très encadrée

La mise en œuvre du protocole repose sur plusieurs étapes, très encadrées.

Étape 1

Lorsque les traitements apparaissent disproportionnés ou sans bénéfice pour le patient, une décision d’arrêt ou de limitation des traitements peut être prise de manière collégiale par l’équipe médicale, en accord avec la famille, conformément à la loi.

Cette décision est indépendante de toute démarche de don d’organes.

Étape 2

Après la décision médicale, le patient bénéficie d’une sédation profonde et continue, visant à préserver sa dignité et à éviter toute souffrance.

Les proches sont informés et accompagnés tout au long de cette période.

Étape 3

Après l’arrêt des traitements, lorsque le décès survient, il est constaté par un médecin. Aucun prélèvement ne peut être réalisé avant cette confirmation.

Étape 4

Une fois le décès constaté, les professionnels de la Coordination hospitalière de prélèvement d’organes et de tissus (CHPOT) vérifient que les conditions médicales et réglementaires du don sont réunies et s’assurent du respect de la volonté exprimée par la personne de son vivant.

Étape 5

Si le don est possible, des mesures de préservation des organes sont mises en œuvre avant le prélèvement, réalisé par des équipes spécialisées dans le respect des protocoles en vigueur.

Une reconnaissance concrète

L’autorisation délivrée par l’Agence de la biomédecine est une reconnaissance de l’expertise et de l’engagement des professionnels impliqués dans la chaîne du don.

💡 Quelques chiffres

Notre hôpital permet le don de tissus humain (cornées et vaisseaux) à toute personne décédée au sein de l’établissement. En 2025, nous avons enregistré 180 dons de tissus.

Sur la même année, 11 patients en état de mort encéphalique ont pu donner leurs organes.

Cette nouvelle étape permet de développer l’activité de prélèvement d’organes et de tissus tout en garantissant le respect des volontés des patients ainsi que des règles médicales, éthiques et réglementaires en vigueur.

Au-delà de l’organisation hospitalière, l’enjeu est humain : permettre à plus de patients en attente de greffe de bénéficier d’une chance d’améliorer leur qualité de vie.

« Sachant que 22 585 patients sont en attente de greffe, et que près de 1000 personnes décèdent chaque année faute de greffons, il était essentiel que notre hôpital mène à bien ce projet.

Ces dons seront rendus possibles grâce à la mobilisation de nombreuses équipes : réanimation, bloc opératoire, imagerie, biologie, chirurgiens extérieurs, coordination hospitalière du prélèvement d’organes et de tissus (CHPOT)…

Nous sommes confrontés aussi localement à une augmentation des refus, en lien le plus souvent avec la méconnaissance par les proches du positionnement du défunt. Il est donc essentiel de parler du sujet du don d’organes et de tissus, qui reste tabou car lié à la mort. »

Dr GOBERT Clara
Médecin urgentiste
Responsable de la CHPOT

Le don d’organes et de tissus est un sujet qui nous concerne tous. Quelle que soit sa décision, il est essentiel de la faire connaître à ses proches. Les personnes qui souhaitent s’opposer au don peuvent enregistrer leur choix, en totalité ou pour certains organes et tissus seulement, sur le Registre national des refus.

Une activité coordonnée par la CHPOT

Dans notre hôpital, cette activité est assurée par la Coordination hospitalière des prélèvements d’organes et de tissus (CHPOT). Cette équipe spécialisée travaille en lien étroit avec les différents services de l’hôpital afin d’assurer le bon déroulement de chaque étape du processus de don.

Mobilisée 24h/24 et 7j/7, elle accompagne les proches des donneurs potentiels, soutient les équipes soignantes et coordonne les échanges avec l’Agence de la biomédecine.

« Hôpital ambassadeur du don »

Dans la continuité de cette nouveauté, notre établissement devient « Hôpital ambassadeur du don ».

Ce label valorise l’engagement des équipes dans la promotion du don d’organes et de tissus. Il traduit aussi notre volonté de sensibiliser et de mobiliser autour de cet enjeu de santé publique, afin de favoriser la réflexion sur le don et le respect des volontés de chacun.

Au-delà de l’organisation hospitalière, l’enjeu est humain : permettre à plus de patients en attente de greffe de bénéficier d’une chance d’améliorer leur qualité de vie.

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